Les phénomènes

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La foudre

Présence de phénomènes électrostatiques dans l'atmosphère

La Terre se comporte comme un condensateur sphérique avec pour isolant les parties basses de l'atmosphère placées entre deux conducteurs : le sol et l'ionosphère (partie supérieure de l'atmosphère, très peu dense et dans laquelle l'ionisation de l'atmosphère, par les bombardements de particules alpha ou de rayonnements cosmiques ou issus du Soleil, est la plus importante).

Le potentiel par rapport au sol, que l'on déduit du profil de champ, croît jusqu'à une altitude d'environ 50 km où la conductivité de l'air devient telle qu'à partir de cette hauteur l'air est assimilable à un conducteur. Cette zone, appelée l'électrosphère (couche basse de l'ionosphère) se maintient à un potentiel de 300 kV. Il existe donc un champ permanent dans l'air, même en l'absence d'orages, qui, mesuré sur un terrain plat et par beau temps, est de l'ordre de 100 à 150 V/m.

Au moment de la formation ou à l'approche d'un nuage orageux, sous l'influence des charges négatives qui sont disposées à sa base, et dont l'effet devient prépondérant, le champ électrique commence à s'inverser jusqu'à atteindre des valeurs moyennes de -10 à -15 kV/m.

La présence d'objet pointus au sol renforce localement ce champ électrique qui peut atteindre alors des valeurs de quelques centaines de kV/m. Cette intensification du champ électrique au voisinage des sommets s'appelle l'effet de pointe. On peut ainsi calculer qu'au somment d'une demi sphère posée sur un plan, le champ est le triple du champ préexistant. Cet effet s'accentue encore dans le cas d'un demi ellipsoïde; ainsi pour un rapport entre le grand axe et le petit axe de l'ellipsoïde égal à 30, le champ est multiplié par un facteur 300 et pour un rapport de 100, il est multiplié par 2300.

        

 

La décharge atmosphérique

On distingue deux grandes familles d'éclairs :

 

les coups de foudre pour lesquels la décharge électrique s'effectue entre le nuage et le sol

 

Coup de foudre

 

les éclairs intra nuageux (à l'intérieur du nuage) et inter nuageux (entre différents nuages)

 

éclairs internuageux

 

beaucoup plus nombreux que les coups de foudre (de 60 à 70 % des décharges totales).

 

La première phase d'un coup de foudre (donc entre la terre et le nuage) est toujours la formation d'une prédécharge peu lumineuse, appelée traceur, qui progresse à travers l'air neutre avec une vitesse relativement faible (environ 200 km/s). Un traceur (ou précurseur ou encore leader) est en fait un canal ionisé, d'une grandeur caractéristique importante à l'échelle macroscopique (typiquement 2 à 3 cm de diamètre), qui est la conséquence directe des phénomènes d'avalanche électronique.

En effet, l'air atmosphérique contient en permanence des ions négatifs et positifs, en quantité variant de 100 à 1000 ions par centimètre cube. Lorsqu'un de ces électrons se trouve dans une région de l'espace où règne un champ électrique important il va subir une accélération et acquérir une énergie cinétique. Très vite il va entrer en collision avec un atome neutre. Si à cet instant l'énergie acquise par l'électron est supérieure à l'énergie d'ionisation de l'atome considéré, la collision va créer un nouvel électron libre. Ce processus est appelé "ionisation par choc" ou "ionisation collisionnelle". Ce nouvel électron se comporte comme le précédent et crée donc à son tour un autre électron libre et rapidement le phénomène prend une allure d'avalanche. L'intensité de champ électrique nécessaire pour qu'un électron puisse ioniser un atome est de l'ordre de 30 kV/cm dans l'air et à pression normale.

Lorsqu'un traceur établi un canal ionisé entre le sol et le nuage, une ou plusieurs décharges se produisent. Ces décharges constituent la foudre proprement dite. Elles se déplacent à une vitesse de l'ordre de 40 000 km/s et correspondent à une tension de l'ordre de 100 millions de Volts et un ampérage de 30 000 A. Le long du trajet de la décharge, l'air peut atteindre une température de 30 000°C.

 

Classification des coups de foudre

La classification des coups de foudre est réalisée en fonction des charges écoulées et de la nature du système de traceurs conduisant à la connexion de la foudre au sol.

Coups de foudre descendants négatifs, avec arc en retour positif : Ceux sont les plus fréquents (70 à 90 % des cas de foudroiement). Dans ce type de décharge, il y a émission d'un précurseur négatif descendant du nuage (étape a). Le champ électrique sur un objet au sol est alors suffisamment renforcé par l'approche du précurseur négatif pour provoquer la naissance d'un arc en retour positif (étape b). Cet arc va aller à la rencontre du traceur provenant du nuage, donnant naissance, lorsqu'ils se rencontrent, à la décharge principale de foudre.

 

Coup de foudre descendent négatif

 
Coups de foudre descendants négatifs, sans arc en retour positif : Ce type de décharge est identique à la précédente, mais les conditions de champ électrique au sol ne permettent pas le développement d'un arc en retour. Il y a alors connexion directe au sol.
 
Coups de foudre descendants positifs : Initié par un traceur positif se propageant depuis la charge positive supérieure du cumulonimbus vers le sol, ce type de décharge est rare mais est accompagné d'un transfert des charges nuage - sol important.
Coup de foudre descendant positif
 
Coups de foudre ascendants positifs : Ce type de connexion correspond au cas où le champ électrique au sol créé par le nuage est suffisamment intense pour qu'un précurseur puisse se développer du sol vers le nuage. Ceci est généralement le cas dès lors qu'il existe au sol des structures de grande hauteur (plusieurs dizaines de mètres). Ce type de décharge est ainsi fréquent dans les régions montagneuses.

 

 

Phénomène lumineux

Les gaz de l'atmosphère, sur le trajet de la décharge électrique sont surchauffés et ionisés et émettent alors de la lumière. La teinte exacte de l'éclair peut dépendre de plusieurs facteurs : la densité du courant, l'altitude, le taux d'humidité et les différentes particules présentes dans l'atmosphère.

 

15 juillet 2003 au-dessus Condom

les colorations rosées et violacées éclatantes sont associées aux orages secs et proches;
les colorations chaudes (oranges et rouges) aux orages secs et lointains. Ce phénomène est le même que celui du Soleil couchant sur l'horizon, où la forte humidité dans les basses couches intercepte le rayonnement ultraviolet et ne laisse passer que la partie visible du spectre, proche de l'infrarouge;
les colorations aveuglantes : blanches, blanc-bleuté, blanc-rosé, aux orages de pluies intenses;
les colorations bleu-gris, mauve, à des orages lointains à fortes précipitations.

 

 

Le tonnerre    

Le courant circulant dans le canal de l'éclair entraîne un échauffement brutal et extrêmement élevé de l'air ambiant, qui subit une formidable surpression. La pression du canal étant considérablement plus élevée que celle de l'air environnent, il s'ensuit une violente dilatation, une explosion du canal qui se propage sous la forme d'une onde de choc puis d'une onde acoustique dont l'importance est proportionnelle à l'intensité du courant.

 

 

La pluie

Un orage déverse fréquemment plus de 50 à 100 litres d'eau par mètre carré en quelques heures. En septembre 92, 400 à 500 litres d'eau sont tombés sur Vaison-la-Romaine. De telles quantités d'eau ont des conséquences importantes (inondations, érosion des sols…).

Orage menaçant l'île d'Oléron

Atmosphère orageuse sur Pont-la-Ville

 

La grêle

Véritable fléau, la grêle figure parmi les plus redoutés des phénomènes dévastateurs associés à l'orage. Certaines gouttelettes d'eau en suspension dans le nuage, peuvent rester à l'état liquide jusqu'à des températures de -40°C. Ce phénomène est appelé surfusion. Quand un petit morceau de glace rencontre des gouttelettes d'eau en surfusion, celles-ci se congèlent à leur tour et augmentent la masse de la glace. C'est le grêlon. Il peut ainsi atteindre plusieurs centimètres de diamètre.

 

Sommet d'un cumulonimbus : siège de la formation de grêle

Grêlon

Lorsque son poids devient trop important, il chute. En descendant, il rencontre des températures plus élevées et commence à fondre. S'il est assez gros, il atteint le sol. On assiste alors à une averse de grêle qui peut tout dévaster sur son passage.

 

 

Dégats du à la grêle

Le grêlon le plus lourd (972 g) a été observé à Strasbourg en 1958 alors que le plus gros (18 cm de diamètre) est tombé en 2003 au Nebraska